Parcours
Je ne suis pas né dirigeant.
Je suis né dans une famille modeste — vraiment modeste.
Pas d’eau courante à la maison.
Pas d’électricité.
Pas de chauffage.
Ma mère et moi allions chercher l’eau à la fontaine.
C’était une autre école.
L’origine
Très tôt, j’ai compris une chose que je n’ai jamais réussi à désapprendre :
on est riche de ce que l’on a.
Pas de ce que l’on n’a pas.
Le départ
Je n’ai pas fait d’études.
Je suis devenu autodidacte — par obligation d’abord, par conviction ensuite.
J’ai entrepris dans la banque, les assurances, le commerce, les cycles, l’industrie.
J’ai appris sur le terrain. Uniquement sur le terrain.
La chute
En 1994, tout s’arrête.
Plus de carte bancaire. Plus de voiture. Plus de logement.
Je dors sur un banc de gare.
C’est le fond.
La bascule
Ce soir-là — ou un des soirs qui ont suivi — j’ai compris quelque chose que je n’ai jamais oublié :
j’avais fait des erreurs.
Beaucoup.
Mais je n’avais pas perdu ce que j’étais.
Ni ce que je savais faire.
Ni ce en quoi je croyais.
Et ça, personne ne peut vous le prendre.
La reconstruction
Je repars.
Pas avec plus de moyens.
Avec plus de lucidité.
Orbea
Je rencontre une entreprise en difficulté — dépendante, fragile, sans cap clair.
Je propose une décision simple : arrêter de subir et construire une marque.
À l’époque, ça semblait risqué.
Continuer comme avant l’était encore plus.
Pendant 22 ans, je construis. Je dirige. J’apprends ce que veut dire piloter une structure qui grandit — et ce que ça fait à un homme de tenir ce rôle sur la durée.
Izaute
Enfant, je passais devant un château.
Je disais : un jour, il sera à moi.
Personne n’y croyait. Moi si.
En 2021, j’en ai poussé la grille pour la première fois en propriétaire.
Des décennies entre les deux moments.
Une faillite. Une reconstruction. 22 ans à diriger.
Et cette phrase d’enfant qui n’avait jamais lâché.
Mais ce château n’est pas une arrivée.
C’est un point de départ.
Celui d’où j’accompagne aujourd’hui les dirigeants qui ont besoin de voir autrement.
Aujourd’hui
J’accompagne des dirigeants depuis plus de 15 ans.
Pas avec des méthodes.
Avec de la lucidité — celle que j’ai dû construire à la dure, et que j’aide les autres à retrouver.
Parce que j’ai vu la même chose se répéter, encore et encore :
les entreprises ne stagnent pas par manque de solutions.
Elles stagnent par manque de lucidité chez celui qui les porte.
Ce qui s’écrit
Ce que vous venez de lire est une partie de mon histoire.
Elle s’inscrit dans un travail d’écriture en cours —
un livre qui raconte une trajectoire.
Pas une réussite.
Une transformation.
Angel Soria
Château d’Izaute
